Interview de Bruno Bonhoure, chanteur de La Camera delle Lacrime

Vendredi 23 octobre à 20h30, à la Collégiale Saint Julien de Tournon, se produira La Camera delle Lacrime pour « Les Sphères du Paradis » troisième volet du triptyque de Dante, après « les Cercles de l’Enfer » en 2017, « la Montagne du Purgatoire » en 2018. Dans ce paradis : musiciens et comédienne encadrent le chanteur, Bruno Bonhoure et la chanteuse Clémence Montagne, tous de blanc vêtus.
Rencontre avec le chanteur de l’ensemble « La Camera delle Lacrime », soliste et directeur musical, Bruno Bonhoure qui propose son interprétation de la Divine Comédie.

 

Bruno Bonhoure

Vochora : Pourquoi avoir choisi Dante et La Divine Comédie ?

Bruno Bonhoure : Tout a commencé en 2005 lorsque Khaï Dong Luong le metteur en scène et moi-même avons choisi le nom de notre ensemble : « La Camera delle Lacrime ». Ce nom évoque déjà Dante. En effet, en 1290, Béatrice, la Dame des pensées, l’amoureuse de Dante meurt. Un an plus tard, Dante compose un premier recueil de poésies, « La Vita nova » où il se met en scène. Il écrit alors un épisode où Béatrice en songe lui révèle qu’elle est morte et lui donne rendez-vous au paradis dans « La camera delle lacrime ».
Dante sort de cette chambre des larmes, avec une énergie nouvelle et la volonté de retrouver la femme aimée. Quelques années plus tard, il écrit son voyage initiatique : Enfer, Purgatoire, Paradis que les commentateurs de l’époque Boccace en particulier appelleront la Divine Comédie. Depuis longtemps, avec Khaï Dong Luong, nous avions en tête de mener à bien ce projet. Grâce au directeur du « Sémaphore de Cébazat »de Clermont-Ferrand, il a pris corps. Celui-ci souhaitait un projet cohérent sur trois ans. C’était l’occasion rêvée. Trois volets : Les Cercles de l’Enfer, la Montagne du Purgatoire, les Sphères du paradis. Voilà comment est né le rêve que nous avions depuis longtemps d’aborder la musique qui se trouve dans l’œuvre de Dante.

Vochora : Parle-nous de ton concert « Les Sphères du Paradis. »

Bruno : Nous avons eu la chance que Gérard Lacombe, directeur artistique du festival Vochora retienne très tôt le projet de cette trilogie « Dante Troubadour » pour sa programmation. Ainsi, deux années consécutives, nous avons chanté à Tournon « Enfer » puis « le Purgatoire ». Nous allons jouer ce troisième volet à la collégiale lors du festival Vochora. Dans cet épisode, Dante a retrouvé Béatrice, la femme de ses pensées. Ensemble, ils vont aller de ciel en ciel, de lumière intense en lumière phosphorescente. C’est ce voyage musical que nous allons faire en Paradis. Avec Khaï Dong Luong, nous avons imaginé un concert participatif puisque comme pour le premier volet, il y aura des enfants, élèves l’École Départementale de Musique de Tournon Tain et des choristes amateurs avec la complicité de leurs professeurs de musique, Sylvine Pommaret, Eva Junique et du chef relais Gérard Lacombe. Tous vont jouer, chanter, bouger sur une chorégraphie de Khai Dong Luong accompagnés par des instruments anciens comme le luth, la vièle et l’organetto.
Ensemble, nous allons gravir le voyage céleste en compagnie de Dante et de Béatrice.

Vochora : Quelle est la particularité de ce dernier opus ?

Bruno : Ce spectacle est une entité en soi, on n’est pas en difficulté si on n’a pas vu les deux précédents. Khaï Dong Luong commence le spectacle par un résumé des épisodes précédents qui sera dit par la comédienne. Camille Cobbi qui prend la suite de Denis Lavant. C’est un spectacle où tous les participants professionnels comme amateurs sont unis et complices. C’est un groupe que je connais bien…. puisque j’ai travaillé avec eux en enfer ! J’ai hâte également de retrouver le chaleureux public de Tournon. Le lien d’amitié qui existe avec équipe et bénévoles et public est important. Donc, c’est une parole libérée. À l’occasion des concerts, autour d’un verre de l’amitié. Je me souviens avec émotion d’un après concert où on avait ressorti les instruments et où on avait chanté, dansé tous ensemble, choristes et spectateurs encore présents lors du verre de l’amitié, Salle Brassens.
Certains peuvent avoir des réticences par rapport à la Divine Comédie, ce monument colossal de la littérature médiévale. Pas d’inquiétude à avoir ! Grâce au traitement que nous faisons des textes et des musiques, l’approche en est facile. Les spectateurs de tout âge peuvent apprendre et se distraire.

Venez-vous donc écouter de la belle musique. Nous vous attendons avec impatience !

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